Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 12:04

Extrait de : « Beyond Trauma: Conversations on Traumatic Incident Reduction »

(Au delà du trauma : Conversations sur la Réduction d’Incidents Traumatique )

2nd édition par Victor R. Volkman.2005 Loving Healing Press, Ann Arbor, Michigan

 

 Traduction libre par Denis STANISIERE

 

 

 

Une thérapie simple soulage les souffrances anciennes et complexes de la vie

 

La Réduction d’Incident Traumatique porte la promesse d’être un remède miracle pour les âmes tourmentées.

 

Par Margaret Leonard

Journaliste titulaire Democrate

 

 

 

Teri, traumatisée par des abus sexuels répétés quand elle était enfant, disait qu’elle peux apprendre à s’en sortir, mais ne peux pas espérer une guérison pour la dépression, les flashback, les cauchemars, insomnie et solitude qui ont été sa vie quotidienne pendant plus de 32 ans. Avec l’aide d’exercices constant et d’autres techniques de gestion du stress, elle tient le coup – élever un enfant et maintenir un mariage – mais elle n’a aucun espoir de profiter de sa vie.

 

David, un officier de police depuis près de 20 ans, a vu trop de fusillades – incluant deux sur lui-même et une, fatale, de son meilleur ami – et trop d’enfants abusés. « c’est comme un fantôme dans le placard », dit-il. «  Ca ne vous laisse pas tranquille... Je ne peux pas dormir la nuit. Je fais des cauchemars »

 

Sans beaucoup croire que cela fera une différence, David et teri se sont portés volontaires pour un projet de recherche sur le traitement du Désordre de Stress Post Traumatique.

 

Les psychologues Charles Figley et Joyce Carbonell de l’Université de l’état de Floride ont introduit Frank Gerbode, un Psychiatre californien de Menlo Park, pour faire la démonstration de « la Réduction d’Incident Traumatique », une technique incroyablement simple, intense et rapide qu’il a créé 4 ans plus tôt. La RIT est la première des quatre méthodes de traitement que Figley et Carbonell vont étudier dans une tentative de trouver les « ingrédients actifs » des thérapies qui fonctionnent sur les trauma.

 

Les thérapeutes qui utilisent la RIT ont besoin d’être formés, mais ce qu’ils apprennent à faire est simple, en théorie.

 

« Le cœur de cette technique consiste à être un formidablement bon ami, qui va se porter témoin de la souffrance d’une autre personne aussi longtemps que nécessaire, et l’encourager à continuer à en parler », selon Figley.

 

 

Il dit que tous les neuf sujets de Tallahassee ont été aidés par le traitement, lequel a duré de une heure trente à neuf heures.

« Je suis rentrée à la maison après la première séance et j’ai dit, ‘tu sais quoi ? Il y a de l’espoir‘ ». Teri raconte à un groupe de thérapeutes discutant de la technique vendredi, au Centre Psychiatrique du Monument de Talahassee du Centre Médical Régional.

« Je pense que je peux rejoindre la société maintenant ».

 

Elle et deux autres personnes acceptent de discuter du traitement pour les chercheurs du FSU et les thérapeutes de Talahassee. Dans ces histoires, seuls les prénoms des victimes de trauma sont utilisés, et quelques uns ont été changé.

 

Tous les trois disent que le traitement a rendu possible « d’avancer dans ma vie ». «  J’étais à un point dans ma vie où j’étais près à essayer n’importe quoi » dit Curtis, qui a trouvé le soulagement qu’il recherchait en une séance d’une heure et demi. Tout ce qu’il a eut à faire était de se rappeler son histoire, de la regarder, puis de la raconter – encore et encore, autant de fois que nécessaire.

« Je ne sais pas combien de fois nous sommes passé à travers, » dit-il. « C’est comme si c’était 50 fois. C’était probablement 12 ou 15 fois. »

 

Dans les enregistrements vidéo des séances de thérapie, qui ont eut lieu la semaine précédente, Gerbode et deux autres thérapeutes – Raggy Malmany de Wahington, D.C, et Teresa Descilo de Miami – parlent très peu.

 

Chaque séance démarre avec une instruction du thérapeute demandant au patient d’aller au début de l’incident traumatique (le patient choisi l’incident), fait un arrêt sur image, le regarde et puis le visionne silencieusement comme une cassette vidéo, le regardant en entier. Quand cela est fait, le patient raconte l’histoire au thérapeute.

 

Puis le thérapeute dit au patient de revenir au début (de l’incident) et de recommencer.

A chaque fois, se souviens Teri, «  plus de sensations sortaient – comme quand vous voyez un filme trois ou quatre fois et que vous voyez de nouvelles choses »

 

Finalement, dit-elle, « ça vous devient tellement familier, et vous devenez à l’aise avec ça, et vous résolvez tous vos problèmes, et vous avez juste envie de les laisser ; vous avez réellement vu tous ce qu’il y a à voir. »

 

Les thérapeutes en RIT consulte la liste des trauma des victimes pour le dernier rendez-vous du jour, car une séance peut durer quatre heures ou plus. La séance n’est pas terminée tant que le patient n’a pas atteint un « point final », signalé par un état de relaxation, une humeur joyeuse, et souvent des rires et des plaisanteries.

« Ca a fait Tilt pour moi à la première séance », dit Curtis. « Je suis retourné en arrière et c’était parti. ...C’est merveilleux. »

 

Cela a pris plus de temps pour David, qui y a passé neuf heures en quatre ou cinq séances.

Lui et Teri, bien qu’ils se soient senti immédiatement libérés, prévoient de revenir pour en recevoir davantage, aussitôt que des thérapeutes de Tallahassee auront été formés à la technique. Teri dit qu’elle a été informée qu’elle aurait besoin de 25 heures.

 

 

Le traitement continue jusqu'à ce que le trauma soit solutionné et perde son pouvoir. Souvent, une histoire de trauma conduit à une autre, et le patient passe à travers chacune d’elle.

Les victimes de trauma ne croient pas qu’elles auraient pu y arriver toutes seules.

« Il est nécessaire d’avoir quelqu’un d’autre pour le partager, et le seul moyen de le partager est d’en parler, » dit Gerbode.

Pourquoi pas simplement en parler à un ami de confiance ?

Après le premier ou second récit, dit Gerbode, les yeux des gens prennent un air absent.

Parfois ce n’est pas de l’ennui mais de la peine.

« les amis et la famille tendent à faire taire les gens , » dit Figley ,qui a écrit sur la « fatigue de compassion » qui peut conduire les travailleurs sociaux et les thérapeutes à quitter leurs travails. « Je pense qu’en tant que thérapeute nous faisons la même chose. Les thérapeutes ont des façons rusé pour les amener (les clients) vers quelque chose qui sera plus facile à tolérer. »

 

Figley et Carbonnell prévoit de présenter trois autres méthodes de traitement dans les trois prochains mois, avec un suivi de chacune pour voir si l’efficacité est permanente et pour les étudier toutes soigneusement.

Ils espèrent trouver un remède pour les désordres de stress post-traumatique – « l’élimination de tous symptômes non-désirés » - en trois ans.

 

 

Par psy-a-domicile.over-blog.com - Publié dans : Témoignages
Voir les 0 commentaires
Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 17:29

 

 

L’ Écoute Centrée sur le Client facilite l’expression de son assertivité et elle permet d’utiliser avec plus de facilité des techniques de communication comme la CNV (Communication Non Violente ou Communication Empathique).

 

 

Les exercices de communication

 

À titre historique, les Exercices de Communication (ECs) étaient destinés à enseigner l’art des entretiens psychothérapeutiques. Puis les stagiaires ont parlé d’améliorations importantes dans leurs propres vies. C’est ainsi qu’il est apparu que les ECs s’appliquaient tout à fait aux problèmes de tous les jours.

 

S’exercer par gradients

 

Si vous n’avez jamais pratiqué un sport ou joué d’un instrument de musique, vous saurez que la meilleure façon d’y parvenir, c’est de s’exercer à chacune des parties qui composent l’action et ensuite les rassembler pour faire une action complète. Si vous apprenez à jouer du piano, vous consacrerez pas mal de temps à faire des gammes. Puis, quand vous avez maîtrisé séparément les différentes parties du jeu, vous allez les rassembler pour jouer le jeu en tant qu’un tout.

Inversement, si vous tentez de jouer le 5ème concerto de Beethoven, sans être jamais passé par les exercices de piano simples, vous n’y arriverez pas. Car vous avez sauté des étapes.

Une dizaine d’exercices permettent d’apprendre à maîtriser chaque partie. Ces ECs sont cumulatifs : chacun d’entre eux est bâti sur les précédents.

 

 

Les ingrédients de la communicationCommunication_emisor.jpg

 

Définition : La communication  est le transfert d’un signe d’une personne à une autre dans lequel le concept ou expérience que représente ce signe pour le receveur est le même concept ou expérience que désirait transmettre l’émetteur en utilisant le signe.

 

La liste des conditions nécessaires à la communication se présente donc comme suit :

 

            -1-       Émetteur

            -2-       Distance

            -3-       Receveur

            -4-       Intention

            -5-       Attention

            -6-       Un signe traversant la distance depuis l’émetteur jusqu’au receveur

            -7-       Partage du signe

            -8-       Partage du concept ou de l’expérience dont le signe est porteur

 

Les ECs vont aborder chacune des conditions pour qu’au final une communication basique puisse avoir lieu.

 

Description des ECs

 

Voici une petite liste des exercices avec une description succincte et quelques commentaires

 

Tous les exercices de communication (ECs) se font à deux, l’un assis en face de l’autre, à environ un mètre de distance, sans table, sans chaise ni quoi que ce soit d’autre entre eux.

 

EC 1   ETRE PRESENT

 

Le but de cet exercice est de vous aider à devenir capable d’être simplement confortablement présent (avec votre attention dans le temps présent) les yeux fermées, sans avoir à faire quoi que ce soit. Pour la plupart des gens cet exercice est difficile. Car il me demande de rester assis sans rien faire, en étant détendu. Or, comme je vais invariablement penser à toutes les choses que je dois faire, réfléchir à comment résoudre un problème ou au moins rêvasser, je ne suis pas ici. Et je ne suis pas détendu, car je suis préoccupé. Avec un peu d’entraînement il est possible de rester un bon moment seul avec soi-même, sans tensions, avec peu de pensées. Les pensées servent le plus souvent à éviter de ressentir les tensions corporelles et les émotions désagréables tels que l’anxiété ou l’ennui.

 

 

Ayant appris dans l’EC 1 à résister à la tentation de me laisser emporter par la pensée, me revoilà revenu conscient des sensations corporelles, des désirs qui me traversent et des bruits qui m’entourent, tel un moine zen sur sa montagne. La montagne en moins.

 

Nous pouvons maintenant ajouter une difficulté : Un autre congénère.

 

EC 2 FAIRE FACE

 

Vous êtes assis l’un en face de l’autre, silencieux et les yeux ouverts. Vous mettez seulement votre attention sur l’autre et vous ne faites rien d’autre. Vous ne devez pas vous trémousser, rire nerveusement, avoir l’air embarrassé ou tomber endormi.

Les jeunes enfants regardent directement les adultes dans les yeux, en toute innocence, sans ressentir d’inconfort. Puis ils apprennent à baisser les yeux lorsqu’ils parlent à d’autres. C’est la soumission sociale. Plus tard, lorsqu’ils sont devenus adultes et que cela n’a plus lieu d’être ils peuvent continuer à avoir ce comportement. L’EC 2 efface cette habitude.

 

EC 2 BIS FAIRE FACE debout/assis

 

Le stagiaire A est assit, le stagiaire B est debout, l’un en face de l’autre, silencieux et les yeux ouverts. Vous ne parlez pas et n’essayez pas de vous rendre intéressant. C’est le même exercice que précédemment mais le moniteur (stagiaire B) regarde le stagiaire A en étant debout, toujours neutre.

La différence de position à pour but de faire ressortir les sentiments et émotions liés aux différences de hiérarchie et de statut puis de les laisser s’évanouir.

 

La capacité à faire face améliore la qualité de vie

 

« Faire face »  signifie : être capable d’être en face des choses (ou de gens) sans reculer, ni les éviter, en étant simplement pleinement conscient, en leur accordant de l’attention, en se sentant bien en leur présence et en n’ayant pas nécessairement à faire quelque chose à leur sujet, ni à leur faire quelque chose.

 

« Faire face » est la partie de la communication avec laquelle les gens ont habituellement le plus de difficultés. S’ils pouvaient être “ en face de ” à l’aise et pleinement conscients les uns des autres, beaucoup de leurs difficultés s’évanouiraient.

 

Nous avons tous fait l’expérience, à un moment ou à un autre, de parler à quelqu’un qui ne nous faisais pas face. Cela se manifeste sous diverses formes telles qu’un regard vitreux, un air distrait, un regard fuyant. À l’opposé, une personne qui « fait face » semble “ vivante ”, intéressée, énergique. Quand elle vous regarde, elle vous voit. Vous n’avez pas l’impression que son attention est ailleurs, alors qu’elle devrait être sur vous.

 

Certains croient que s’ils évitent de regarder leurs problèmes, ces derniers s’évanouiront. Mais en vérité, c’est tout le contraire qui se passe. Quand on ne confronte pas les problèmes, ils persistent et s’accumulent. Donc, si vous améliorez chez quelqu’un sa capacité à faire face aux choses et aux gens, vous verrez se produire une remarquable amélioration dans la qualité de sa vie. Il semble que l’on soit beaucoup moins intimidé par les problèmes quand la capacité à y faire face s’améliore.

 

Quand quelqu’un éprouve des difficultés à faire face, il met fréquemment quelque chose entre lui et l’autre personne et confronte ensuite “ via ” cette chose.

 

Par exemple quand une personne croise les bras en essayant de faire face, il se peut qu’elle utilise ses bras comme un intermédiaire pour faire face à sa place. L’intermédiaire auquel on recourt n’est pas toujours une partie du corps. L’intermédiaire peut être par exemple cette attitude que l’on prend ou ce personnage que l’on joue, au lieu d’être tout simplement soi-même et d’être simplement là. « Faire face » doit se faire directement, de personne à personne, et non via une partie du corps ou via quoi que ce soit d’autre.

 

 

EC 3 HARCELER

 

Le stagiaire A apprend à rester présent et à faire face à une autre personne sans réagir d’aucune façon à ce que l’autre dit ou fait. L’autre, le stagiaire B, tente de le déstabiliser en disant ou faisant quelque chose de drôle, pour commencer. Cela s’appelle “ pousser des boutons ” ou « harceler ».

Un “ bouton ” est un sujet (stimulus), un mot, une phrase, une expression, une mimique ou une action auquel le stagiaire a du mal à faire face et qui le fait réagir involontairement.

 

Cet exercice peut sembler artificiel, mais il est directement applicable dans la vie. Votre entourage pousse constamment vos boutons. Bien que cela ne vous fasse pas nécessairement rire quand ça se passe...

 

En suivant le principe des gradients, le stagiaire B, le « harceleur » va progressivement appuyer sur des boutons plus difficile à laisser passer.  Plus loin encore, le stagiaire A, celui qui se fait harceler, pourra aussi proposer des boutons qu’il sait être sensible.

 

 

EC 4 ÉMETTRE 

 

 

Jusqu’à présent le stagiaire s’est entrainé à recevoir une communication. Et c’est une partie importante, qui lui permet d’écouter une personne sans réagir et lui couper la parole par exemple. Cependant une communication harmonieuse est une alternance de flux : celui qui émet devient celui qui reçoit et réciproquement. L’étape suivante pour le stagiaire est de donc de s’entrainer à envoyer une communication. Le but est d’émettre une communication de façon naturelle, sans “ reculer ” et avec intention, de telle sorte qu’elle atteigne facilement une autre personne sans pour autant la submerger.

 

Savoir écouter avec attention est une qualité recherchée et très utile. Et savoir mettre fin à une discussion, qui tire en longueur par exemple, est également bien pratique. Pour cela on utilise les accusés de réception.

 

 

EC 5 LES ACCUSES DE RECEPTION 

 

L’action de communiquer est une action intentionnelle qui a l’anatomie d’un cycle et en suit les règles. Elle commence au moment où l’intention de communiquer est formulée, elle continue pendant l’action de communiquer. Mais, quand est-elle terminée ? Lorsque l’on sait que l’on a communiqué avec succès.

 

Pour l’émetteur d’une communication, ce qui termine le cycle de communication, c’est un accusé de réception de la part du receveur.

 

Si quelqu’un fait continuellement un travail sans jamais recevoir d’accusé de réception, il perd le goût de travailler et il perd l’enthousiasme. Il a le sentiment que cela importe peu qu’il le fasse ou non.

 

Les enfants qui ne reçoivent pas d’accusés de réception à leurs communications deviennent bruyants. On peut observer une version adulte de ce phénomène avec ceux qui parlent compulsivement. blabla-shadock.gif

 

Un accusé de réception n’a pas à être une réponse ou un accord avec la communication qui a été reçue. Dans sa forme la plus pure, l’accusé de réception n’est rien d’autre que simplement faire savoir à l’autre que sa communication a été reçu et comprise et que, par conséquent, le cycle de communication est terminé.

 

 

A l’inverse, il arrive que je veuille encourager quelqu’un à parler. Pour cela les demi-accusés de réception sont un moyen simple de faire savoir à mon interlocuteur que je suis intéressé et disposé à en entendre davantage.

 

 

EC 6 ENCOURAGER A COMMUNIQUER 

 

Le but est d’inviter une personne à continuer à parler, en lui faisant savoir que vous l’écoutez. Le stagiaire B doit sentir qu’il peut communiquer sans risque, et que vous êtes intéressé à en savoir plus. Le stagiaire A utilise des sons ou des mots comme « Hmmm ou Ouiiii ? »

 

Ces accusés de réception (nous les appelons “ demi-accusés de réception ”) incitent en fait à continuer de communiquer. Ce qui est amusant, c’est que nous faisons souvent l’erreur d’utiliser les demi-accusés de réception lorsque nous essayons de “ faire taire ” les autres que nous percevons comme ennuyeux ou n’en finissant pas. Si nous utilisons un “ OK ” ou “ hmhm ” qui a l’air d’une question ou semble indiquer que l’autre personne devrait “ en venir au fait ”, cela ne va pas mettre fin entièrement au cycle de communication.

 

 

Nous avons appris à écouter avec neutralité, à faire savoir à l’émetteur qu’il a été reçu 5 sur 5, à mettre fin à un échange ou à inciter l’autre à en dire plus. Tout cela permet de mener une conversation certe simple, mais propre !

Mais nous savons bien que les interactions entre individus sont bien plus complexes. C’est pourquoi le niveau suivant va consister à gérer les commentaires intempestifs, les préoccupations et les tentatives de détournements de la conversation.

 

EC 7 OBTENIR DES REPONSES A SES QUESTIONS

 

Le stagiaire A pose au stagiaire B une question simple à laquelle celui-ci peut répondre par oui ou par non ou « je ne sais pas ». Si nécessaire, il répète la question, jusqu’à ce que le stagiaire B lui réponde.

 

 

Souvent, quand vous demandez que quelque chose soit fait, si ce n’est pas fait tout de suite, vous pouvez en être distrait ou vous décourager.

Il arrive souvent que vous demandiez à quelqu’un (par exemple à un ami, à un employé ou à un enfant) de faire quelque chose et que, soit, vous n’avez pas de réponse, soit la chose n’est pas faite, ou bien vous obtenez quelque chose de tout à fait différent.

 

Il est donc extrêmement bénéfique de développer la capacité à persister dans le cours d’une action donnée et d’obtenir que l’action soit faite, malgré les distractions, la résistance ou les invitations à abandonner.

 

Il existe un type de cycle de communication qui consiste à poser une question. L’intention, dans ce cas, est d’obtenir une réponse. Il est notoire que les gens ne sont guère doués dans la terminaison de ce genre de cycle. Au lieu de cela, ce qui se passe souvent est, que lorsqu’une personne pose une question, elle obtient une réponse qui n’en est pas une, puis devient confuse et perd le fil de ce qu’elle essayait d’accomplir dans l’interaction.

 

Devenir expert dans l’art d’obtenir des réponses à vos questions, malgré les associations d’idées et les distractions, est donc un atout considérable.

 

 

Une façon particulière de ne pas répondre à une question est de faire un commentaire pour porter délibérément l’attention du questionneur sur un autre sujet ou pour paraître intéressant ou encore par simple association d’idées. Apprendre à jongler avec les commentaires et revenir sur le sujet qui m’intéresse est une autre partie d’un cycle plus sophistiqué de communication. Voyons cela de plus près.

 

 

EC 8 GESTION DES COMMENTAIRES

 

Le stagiaire A pose une question. Le stagiaire B y répond parfois et de temps en temps il essaye d’embrouiller le stagiaire A avec un commentaire. Quand c’est le cas, le stagiaire A accuse réception et repose sa question.

 

 

Les gens font part de leurs préoccupations dés qu’ils en ont l’occasion et font des commentaires tout le temps.

 

Quelquefois, quand vous essayez de faire faire quelque chose ou d’obtenir une réponse à votre question, la personne à qui vous avez affaire, vous dira quelque chose qu’elle veut faire ou qu’elle a en tête ou qu’elle désire résoudre ou communiquer en premier, avant que votre cycle ne soit complété. Quand l’autre personne arrive avec quelque chose de ce genre au milieu de votre cycle de communication, nous appelons cela un nouveau cycle de communication.

 

Quand le nouveau cycle porte sur quelque chose qui n’est pas très important pour l’émetteur, nous l’appelons un “ commentaire ”. Mais quand le cycle porte sur quelque chose qui est très important pour lui, nous l’appelons une “ préoccupation ”.

 

Ignorer les cycles de communication des autres, c’est chercher les ennuis. Il est probable qu’un grand pourcentage des moments où vous avez eu des difficultés avec les autres était dus au fait que vous ne vous êtes pas occupé de leurs cycles de communication comme il l’aurait fallu.

 

L’écoute est centré sur le client car il s’agit bien de comprendre ce que cette personne me dit. S’agit-il d’un simple commentaire, comme s’il se parlait à lui-même, ou bien d’une préoccupation ? d’un problème ? d’une contrariété ? d’une confusion ? De nombreuses options sont possibles. C’est pourquoi je dois être attentif et intéressé. Cela ne peut pas être mécanique. Abordons les préoccupations, sujet plus délicat que les commentaires, et qui peuvent être confondus avec ces derniers. Erreur fatale !

 

 

EC 8 Bis TRAITER LES PREOCCUPATIONS 

 

Il faut suivre certaines étapes bien définies pour gérer la préoccupation d’une autre personne.

 

-1-    Comprenez la préoccupation. (Si besoin demander à l’autre de quoi il s’agit exactement).

 

-2-       Accusez réception de la préoccupation (faites savoir à l’autre que vous la            partagez).

 

-3-       Traitez la préoccupation : faites tout ce qui est nécessaire pour soulager la           préoccupation de l’autre, de telle sorte qu’il puisse mettre son attention sur votre      question ou sur ce que vous attendez de lui. Cela peut demander un maniement complet de la situation (qui préoccupe l’autre personne) ou de simplement lui       faire savoir que ce sera abordé dans le futur.

 

-4-       Ramenez la personne à la question à laquelle vous voudriez qu’elle réponde ou   a l’action dans laquelle vous étiez.

 

Exemple. Supposons que la personne dise : “ Je me sens terriblement angoissée ”. Il s’agit d’une préoccupation. Pour y remédier, vous pourriez dire : “ Je vois (AR).

Quand cette sensation a-t-elle commencé ? (Traitement) ”

 

            “ Oh, il y a environ 20 minutes ! ”

 

            “ Bien, prévenez-moi si vous sentez un changement, d’accord ? ”(Fin du      traitement)

 

            “ D’accord ”.

 

“ Permettez-moi de vous redemander: Est-ce que la lettre pour M. Dupond est partie? ”

Et vous l’avez ramené en souplesse à votre question. Selon votre proximité avec la personne vous pouvez être moins protocolaire, naturellement.

 

Souvent, il est suffisant de simplement comprendre et accuser réception. Quelquefois, vous devrez poser une ou deux questions pour être sûr de bien comprendre. D’autres fois encore, il vous faudra faire un plus long détour pour aplanir la préoccupation suffisamment.

 

Pour qu’une discussion soit authentique et satisfaisante, elle doit être un véritable échange. C’est à dire que chacun puisse s’exprimer. C’est pourquoi il est impératif que je puisse traiter les cycles de communication de mon interlocuteur avant de pouvoir espérer avoir à mon tour (toute !) son attention, au moins pour un moment...

 

Et voici arrivé le grand moment tant attendu où toutes les étapes d’un échange complet vont être rassemblé en un seul exercice.

 

 

EXERCICE DE COMMUNICATION “ DANS LA VIE ” 

 

Quand vous êtes devenu habile à faire les neuf exercices précédents, la dernière étape consiste à apprendre à utiliser votre talent dans des situations particulières de la vie courante. Et notamment au travail où les occasions ne manquent pas.

 

Le stagiaire B vous fait décrire une situation de votre vie dans laquelle vous sentez que vous avez des difficultés à communiquer. Il peut s’agir d’un(e) collègue avec lequel ou laquel vous avez généralement du mal à communiquer ou seulement quelqu’un avec qui il vous est difficile de communiquer concernant un certain sujet(son manque de ponctualité par exemple)

 

Le stagiaire B joue par exemple ce collègue qui systématiquement traîne les pieds quand vous lui demandez un document que lui seul peut produire. Au départ le stagiaire B vous laisse gagner facilement. Puis il ajoute du harcèlement. Puis des commentaires et des préoccupations. Et enfin il vous fait la totale, avec toutes les difficultés possibles. De sorte que la situation réelle soit plus facile à gérer que l’exercice en formation !

 

 

Conduire une interaction verbale c’est un peu comme conduire une voiture : il est préférable de la garder sur la route, pour arriver là où on désire se rendre, et non pas là où d’autres veulent que j’aille. Et comme tout conducteur débutant il est normal d’être un peu maladroit pendant un temps. La maîtrise vient avec la pratique.

 

 

 

Par psy-a-domicile.over-blog.com - Publié dans : Liste d'articles
Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 12:53


Dans un article intitulé “parler pour exister”(1), Jean-Louis Dessalles (2), chercheur en intelligence artificielle,blablabla cercles avance que le langage ne vise pas seulement à transmettre des informations utiles. Il sert aussi à se mettre en valeur en racontant de bonnes histoires afin de sortir du lot. Un peu à la manière de l’oiseau qui chante toute la journée, non pour transmettre une information vitale, mais pour dire que c’est lui le plus beau. Mais intéresser l’autre, attirer son attention, demande un investissement en temps important qui est le prix à payer pour établir et maintenir nos relations sociales.

 

 

Il existe sans doute plusieurs raisons de parler. Mon propos n’est pas de faire une liste exhaustive des motivations qui poussent mes congénères à se parler. J’aimerais simplement rappeler qu’il existe au moins trois raisons importantes de communiquer entre nous. Lesquelles se succèdent logiquement. 

 

 

Parler pour créer de l’intimité

 

Lorsque j’ai envie d’être proche de quelqu’un je vais lui parler pour en savoir plus sur lui et le laisser me découvrir également. Habituellement je passe par les étapes décrites par Éric Berne, le fondateur de l’Analyse Transactionnelle. A savoir « le retrait », avant le premier contact ; puis « les rituels », phrases toutes faites sans engagements (« il fait un peu frais pour la saison ») ; suit « les passe-temps » dans lesquels les discussions légères décrites par Dessalles peuvent être rangées. C’est le niveau où se situent toutes les formes de séductions (drague, entretien d’embauche, signes de reconnaissance divers...). Après quoi je peux m’engager dans une « activité » avec cette personne pour être encore plus proche (travail, sport, vie de couple...). C‘est à partir de ce niveau que je m’autorise à essayer de jouer un « jeu psychologique ». C’est un niveau d’intimité plus élevé que le précédant mais qui contient des manipulations psychologiques. Enfin, si je réussis à passer à travers les jeux psychologiques, je peux accéder au niveau de « l’intimité » où le contact est sincère.

 

 

Parler pour réduire les tensions internes

 

Échanger avec d’autres permet aussi de réduire une tension émotionnelle (contrariété, frustration, déception...). Mais cela m’oblige à entrer dans un mode de communication plus intime. C’est pourquoi cette action n’est possible qu’après avoir tâté le terrain, auprès de quelques personnes sur les niveaux précédemment décrits, pour se confier à une personne en toute sécurité.

 

 

Parler pour mieux me comprendre

 

Mais parler de mes contrariétés quotidiennes à mon copain Robert ne va pas m’immuniser contre les frustrations futures. Si je souhaite échapper à la souffrance de la déception que m’infligent les autres, je dois m’isoler sur une île déserte. Mais je pourrais encore être déçu par moi-même ! Pauvre de moi ! Dernière solution : me comprendre pour comprendre les autres et être ainsi plus tolérant. Dans notre culture, nous préférons parler à un psy plutôt que de méditer dans un grotte des Himalaya, où il n’y à même pas canal +.

 

Pour résumer, parler peut servir à combler un besoin de reconnaissance immédiat et peut être sans fin. Lorsque ce besoin de reconnaissance n’est pas satisfait, je peux alléger cette frustration, et d’autres aussi, par la parole avec un proche. Mais cela reste superficiel car les causes profondes de ces multiples frustrations restent cachées. Du moins jusqu’à ce que je m’investisse dans cette exploration avec une personne compétente. Et là, parler me permet de découvrir qui je suis.

 

 

 

 

 

 

 

(1) Article publié le 07/02/2011 sur “le cercle psy.com”

 

(2) Jean-Louis Dessalles est enseignant-chercheur en intelligence artificielle à l'École Nationale Supérieure des télécommunications Ses travaux portent sur la nature et la fonction de la communication humaine spontanée.

 

 

 

 

Par psy-a-domicile.over-blog.com - Publié dans : Liste d'articles
Voir les 0 commentaires
Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 22:25

  

 

Un psy est jugé dès que son client franchit le seuil de son bureau pour la première fois. Un coup d’œil pour inspecter les lieux, et l’opinion est faite.


Jack Nasar, de l’Ohio State University, et Ann Sloan Devlin, du Connecticut College, viennent de le vérifier en présentant à 242 étudiants une trentaine de photos de bureaux de psychothérapeutes, prises par le même photographe depuis la place réservée au patient.

 

Les sujets devaient indiquer s’ils se feraient volontiers prendre en charge

 par le propriétaire des lieux.

 

Bureau avec Freud

60 % des sujets interrogés avaient déjà vu un psy. Mais qu’ils aient déjà été soignés ou non, et qu’ils appartiennent à une grande ou une petite ville, les résultats sont les mêmes : oubliez le dépouillement confinant au vide mortuaire, l’exotique bibeloterie ou le savant désordre du psy intellectuel dévorant quinze ouvrages à la fois, car ce qui suscite le meilleur a priori, c’est plutôt l’ordre, la propreté, et une personnalisation savamment dosée à base de plantes, de coussins sur les chaises, de lampes de bureau…. Quelques touches personnelles comme des photos de famille ou des diplômes sont les bienvenues.

 

 Dans ce cas, les thérapeutes sont estimés d’emblée plus conviviaux et qualifiés que les autres. Le plus rédhibitoire ? L’exiguïté, le manque de confort, l’hygiène douteuse. Tout cela peut sembler tomber sous le sens… Pas pour certains psys, dirait-on : les photographies n’étaient pas des mises en scène, mais montraient des bureaux authentiques, parfois peu ragoûtants.

 

Moralité, le cabinet du psy reflète son attitude intérieure et le client le sait d’instinct. Et cela est un élément qui participera au choix de continuer ou non avec ce psy : le dicton ne dit-il pas « Qui se ressemble, s’assemble » ?

 

 

 

Par psy-a-domicile.over-blog.com - Publié dans : Liste d'articles
Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus